La Vie en SOI

Le pouvoir du NON (1ère partie)

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Le pouvoir du NON (1ère partie)

Message par Hamsa le Mer 11 Déc - 23:34

Le pouvoir du NON (1ère partie)
Une capacité qui doit nous servir dans les temps actuels. Sur tous les plans.

Le pouvoir du NON
Manié avec sagesse, le NON est un instrument d'intégrité et un barrage à l'exploitation. Il faut souvent du courage pour le dire. Il est difficile à entendre. Mais la mise en place de limites nous rend libres.
Par Judith Sills, 5 novembre 2013

Il arrive un moment où l'on va dire "Ne m'appelle pas" et que cette fois on pense vraiment ce qu'on dit ; où l'on renvoie le charmant cadeau parce que l'on a enfin réussi à reconnaître que c'est un fil à la patte; où l'on dise non à l'ami qui demande un coup de main, à la supplication d'un collègue pour un conseil urgent, et même à son fils adolescent qui s'attend à ce que son dîner apparaisse tout cuit sur un plateau – tout cela parce qu'on refuse de se voir détourné de ses buts personnels. Qu'ils soient futiles ou préoccupants, tous ces moments constituent un exercice de cette force mal comprise, je parle du pouvoir du NON.

On parle beaucoup du pouvoir du OUI et il y a beaucoup à en dire. Le OUI encourage à prendre des risques, à être fort et oriente vers une ouverture du cœur dont on ne peut minimiser la beauté. Mais le NON – qui tombe tel une porte qui claque et stoppe la communication entre soi et l'influence des autres – est rarement célébré. C'est un pouvoir peu connu parce qu'il est facilement mal compris et difficile à mettre en œuvre. 

Il est probable que nous ne soyons pas conscients de la force qui réside dans le NON parce qu'on le confond facilement avec une attitude négative. Il peut s'exprimer en tournant le dos à quelqu'un, lui faire non de la tête ou lui signifier un refus catégorique. Mais ces expressions se distinguent par des états psychologiques différents.

La négativité est une attitude chronique, une paire de lunettes émotionnelles au travers desquelles certaines personnes ont une vision nuageuse du monde. La négativité s'exprime par un perfectionnisme geignard, un mécontentement irascible ou considérer qu'un verre est toujours à moitié vide. Elle sape l'énergie. Les gens négatifs peuvent doucher l'enthousiasme des autres, mais rarement les inviter à agir. La négativité garantit à coup sûr que vous ne serez pas satisfait. Et que vous n'aurez pas de pouvoir non plus.

Alors que la négativité est une attitude chronique, le NON est le moment d'un choix clair. Il annonce, bien qu'indirectement, quelque chose d'affirmatif vous concernant. "Je ne signerai pas" – parce que ce n'est pas ma vérité. "Je ne rejoindrai pas le comité, n'aiderai pas vos enfants, ne réviserai votre projet" – parce que je me suis engagé dans un projet important qui me concerne. "Ne comptez pas sur moi" – parce que je ne suis pas à l'aise, pas d'accord, je ne suis pas le mouvement. "Non, et merci – parce que tu pourrais te sentir blessé si je décline ton invitation, mais mes besoins ont priorité.

Le NON qui est une affirmation de soi reconnaît implicitement une responsabilité personnelle. Il dit que malgré notre interaction avec les autres, et tout en aimant, respectant et valorisant ces relations, nous ne devons ni ne pouvons nous autoriser à être toujours influencé par elles. La force qu'on tire en disant NON souligne cette dure vérité de la maturité : la responsabilité.

NON est autant un instrument qu'un barrière pour établir et conserver un périmètre distinct autour de soi. NON dit, "C'est ce que je suis ; c'est ce que je vaux ; c'est ce que je veux faire et ne pas faire ; c'est comment je choisis d'agir". Nous aimons les autres, donnons aux autres, coopérons avec les autres et faisons plaisir aux autres, mais nous sommes, toujours et profondément, des soi distincts et séparés. Nous avons besoin du NON pour construire et étayer cet espace.

Un NON reconnaît que nous sommes les agents de nos propres limites. Pour la plupart d'entre nous, cette auto-prise en charge et cette responsabilité est une prise de conscience puissante, solitaire et très adulte. Nous l'approchons en avançant de deux pas et en reculant d'un pas géant – en renonçant à nos chers et tyranniques envies d'un autre verre ou d'un achat inutile. Plus nous nous en tenons à nos limites auto-déterminées, plus nous sommes forts. Cette force requière le pouvoir du NON.

Le NON a deux visages : celui que nous tournons vers nous et celui qui crée des frontières entre nous et les autres. Le combat pour renforcer notre NON intérieur, celui qui s'adresse à nos propres impulsions destructrices, est le combat qui nous est le plus familier. Ce NON permet d'évacuer un début de colère et le désir intense d'une cigarette. Nous appelons ce NON "auto-discipline".

Le NON dirigé vers nous-mêmes provient d'une auto-gouvernance dont le travail est de contenir nos envies et de gérer nos priorités avec la main de fer de la raison. Il est possible que nous devions travailler toute notre vie à affiner cette auto-gouvernance, à l'ajuster, la reconstruire, la consolider. Les immenses récompenses d'un développement de notre capacité à dire NON – pas de manière trop rigide, mais suffisamment et avec sagesse – seront une productivité et une paix de l'esprit. La récompense est à ce prix du NON.

Le NON que nous pouvons dire aux autres évolue aussi avec la vie, démarrant avec les premiers NON de notre enfance. Toute personne ayant essayé de mettre un enfant de deux ans dans un siège auto en a la preuve vivante. Comme un petit de deux ans commence à faire la différence entre ce qu'il veut, ce qu'il désire – et ce que veut Maman, il va lancer un fort et prolongé NOOOOOON. NON, je ne mettrai pas ces chaussettes, ne mangerai pas cette purée, ne sortirai pas du parc ! Ce primordial et puissant NON est l'affirmation naturelle de soi contre l'autre. Pour le reste de notre vie nous serons au défi de trouver correctement et efficacement nos limites.

Fixer les limites
Jusqu'où peut-on aller trop loin avec le NON ? Tourner le dos à un ami dans le besoin pour s'occuper de son propre jardin ? Où est la limite entre se réaliser et être égoïste ? Refuser un modeste effort pour donner un coup de main à un groupe d'amis ? Quelle est la frontière entre d'importants principes et un parti-pris borné ?

Dans les grandes lignes, cinq situations vont bénéficer de la force croissante à dire NON.

Quand vous restez vrai envers vos principes et valeurs.
C'est beau – émotionnellement, spirituellement et même professionnellement – d'être généreux, d'aider. Mais comme le soulignent les études de sociologues comme Roger Mayer, James Davis et F. David Schoorman, l'intégrité est aussi essentielle que la bienveillance pour établir une confiance entre personnes. C'est une nécessité pour être efficace.

Jack, par exemple, a toujours chéri son rôle d'homme de la situation avec ses copains. "On peut compter sur Jack" est le mantra dont il s'enorgueillit depuis le collège. Donc quand un ami proche et marié démarre une aventure, Jack garde un silence discret. Pourtant, quand cet ami proche demande à Jack de lui prêter sa maison de vacances pour en faire un lieu commode de relations clandestines, Jack se retrouve aux prises avec sa conscience. Il voudrait continuer à être considéré comme le gars super, mais il se sent mal à l'aise en participant à une tromperie, bien qu'indirectement. C'est ce qu'il finit par dire tout en laissant son ami se débrouiller.

Le NON de Jack a entamé un peu son sens de l'amitié en violant le code masculin tacite, au moins parmi ses amis. Toujours est-il que si être aimé des autres est souvent un sous-produit du OUI, s'aimer soi-même ne se fera parfois qu'en disant NON.

Quand le NON vous protège d'être gaiement exploité par les autres.
Il est remarquable de voir le nombre de personnes qui demandent voire exigent des choses que vous n'oseriez même pas demander en rêve. Protégez-vous au mieux des nombreuses personnes qui se sentent autorisées à demander en étant suffisamment forts pour énoncer un ferme, clair et tranquille NON.

Prenons un scénario classique à l'école ou au bureau : un collègue content de lui, populaire et fainéant demande à emprunter les notes soigneuses d'un de ses coéquipiers du style "abeille ouvrière". Monsieur Abeille Ouvrière éprouve du ressentiment à être utilisé mais ne trouve pas de bonne raison de refuser. Il acquiesce donc. Et on le sollicite une deuxième fois. Le ressentiment augmente. Ne trouvant pas une bonne raison de dire NON, il va donc céder une nouvelle fois. Et le cycle se poursuit.

Finalement, en prêtant attention au fait qu'il se sent exploité – au lieu de se focaliser sur une raison acceptable à dire à l'exploiteur – Abeille Ouvrière refuse la demande de Monsieur Populaire. En lui donnant une tape sur l'épaule, Monsieur Abeille Ouvrière dit simplement, "NON, ça me dérange". 

Son NON entraîne une froide réception à la cafétéria pendant une semaine ou deux. Ce n'est pas un moment plaisant, mais il va passer. Par la suite, Monsieur Abeille Ouvrière trouvera une nouvelle sécurité. Un NON est un écran vital nécessaire face à ceux qui usent de leur charme et flairent les gens trop gentils. Il s'avère que les bons gars peuvent savoir dire NON.

Quand il vous garde concentré sur vos propres buts.
Quand son patron lui a fait pour la seconde fois des critiques en la traitant de "pipelette", avec le travail en retard parce qu'elle passait trop de temps à bavarder, Amy s'est sentie blessée et injustement jugée. Était-ce sa faute si les gens aimaient s'arrêter dans son bureau ? Comment allait-elle faire pour chasser Marsha, dont la mère âgée a tellement de problèmes, ou Jim, qui voulait avoir son avis sur le meilleur moyen de procéder avec ses clients ? Ses collègues avaient besoin de son aide, et couper court allait les blesser et nuire à sa relation avec eux.

Amy a clairement besoin du pouvoir de son NON. Pourquoi ? Parce que, les aimant et s'intéressant à eux comme elle le fait, Amy perd de vue ses propres responsabilités, son programme personnel. NON est un outil nécessaire pour garder ses buts en tête. Franchement, aller à la rencontre de ses buts, est-ce pour quoi on est payé et ce qui donnera un salaire ?. Nous avons tous besoin du NON pour faire notre travail et non celui de quelqu'un d'autre.

Quand il vous protège des abus d'autrui.
Triste à dire, mais les relations avec nos proches, les plus importantes, incitent souvent aux communications les plus moches. En partie parce que nos proches éveillent nos plus fortes émotions et en partie parce que ce sont les gens que nous avons le plus peur de perdre. La peur peut saper la force nécessaire à dire NON, au moment précis où nous avons le plus besoin de ce pouvoir.

Une femme d'âge moyen va servir d'exemple. Isabelle insiste pour dire qu'elle aime sa mère, mais elle la trouve aussi énervante, en offrant à ses petits-enfants trop de friandises, en donnant à Isabelle d'inutiles conseils guidés par l'anxiété sur la santé, le mauvais temps ou ses dépenses. Quand Isabelle s'irrite, elle devient cassante. Elle devient grossière ("Ferme-là"), insultante ("T'essaie de rendre mes enfants obèses comme toi, Maman ?"), ou carrément méchante (moquerie et rejet méprisant). Ses fréquentes attaques blessent profondément Maman qui se plaint amèrement et fréquemment aux autres membres de la famille de la conduite d'Isabelle.

Malgré le soutien familial, Maman ne fixe jamais de limite à Isabelle. Elle doit pourtant se reprendre et dire "Ne me parle pas de cette façon". Elle s'en sent incapable, parce que tout simplement, "C'est ma fille. Si je lui dis qu'elle ne doit pas me parler de cette façon, elle est tout à fait capable de ne plus me parler du tout. Je ne veux pas en prendre le risque." Dépouillés du pouvoir du NON, nous nous retrouvons vulnérables à tout assaut verbal.

Quand vous avez besoin de force pour rectifier le tir.
Les invitations sont dans la boîte aux lettres, mais le mariage imminent est une erreur. Le travail semble correct aux yeux de tout le monde, mais il vous rend malade dès le matin. Votre famille a fait des sacrifices pour payer la scolarité, mais les études de droit vous semblent un mauvais choix. Quand on se retrouve sur la mauvaise route, NON est un pouvoir nécessaire pour faire marche arrière. Les obstacles à ce puissant NON sont doubles : d'abord, bien sûr, il faut pouvoir tolérer d'admettre, au moins à soi-même, qu'on a fait une erreur. Tant de gens parmi nous préfèrent avoir raison plutôt qu'être heureux. Nous continuerons à emprunter aveuglément la mauvaise route car nous ne pouvons tout simplement pas lire les panneaux indicateurs. La plupart du temps, cependant, nous savons quand nous devons fixer des limites.

Le problème est de nous y mettre. Accéder à son propre pouvoir demande de surmonter un immense obstacle : le prix à payer en exprimant un NON.

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Traduit par le BBB.
À suivre...
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Re: Le pouvoir du NON (1ère partie)

Message par Epsylon80 le Jeu 12 Déc - 12:02

Très instructif, merci ! Il faut parfois beaucoup de courage pour dire "Non", surtout quand tout le monde vous considère comme la bonne poire de service (c'est du vécu).
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